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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:00

Tissu en soie d'araignée
 

Nota : les origines de la soie en bas de page.
 

LE TISSU EN SOIE D'ARAIGNÉE N'EST PAS UN MYTHE 


En 1710, REAUMUR étudie la soie des araignées et la possibilité de l'utiliser car les propriétés mécaniques exceptionnelles de cette soie en font un matériau d'avenir.
Mais c'est BON DE MONTPELLIER ou de SAINT-HILAIRE François Xavier (1678-1761) qui eu le premier l'intuition de l'utilisation de la soie d'araignée pour les filatures françaises.

Il publia un ouvrage "dissertation sur l'araignée" dans lequel il enseignait le moyen de filer la soie de cet insecte**, ouvrage traduit dans toutes les langues en Europe, et même en chinois.
Il présenta à l'Académie des sciences des bas et des mitaines fabriqués ainsi.
Rappelons aussi que REAUMUR anticipa la fabrication du papier à partir du bois en observant le travail des guêpes.

** À cette époque les araignées étaient encore classées parmi les insectes.

Le premier essai remonte à 1709.

Il y a longtemps que l'on se préoccupait de tirer parti des fils d'araignée.
C'est un missionnaire français à Madagascar, le Père CAMBOUE, qui, dans ces dernières années, reprit le problème et le poussa avec persévérance jusqu'à un premier succès qu'il est juste de ne pas oublier. Puis, les essais très satisfaisants furent continués par monsieur JOLLY, architecte de la colonie de Madagascar et directeur de l'école professionnelle de Tananarive. On a installé une véritable école de tissage de soie d'araignée.


Il y a, à Tananarive, un directeur de fabrication, un contremaître filateur et trois jeunes ménages indigènes. Ce petit personnel ne dispose pas moins, aujourd'hui, d'un approvisionnement de 200.000 mètres de fils à 12 brins, et la production s'élève à 50.000 mètres par mois.

Les étoffes en toile d'araignée rappellent les robes de la «Belle au bois-dormant» ; elles sont d'un éclat merveilleux et leur chatoiement envoi aux yeux étonnés les rayons de l'arc-en-ciel. La soie de l'araignée est d'un jaune d'or superbe et ses reflets sont variés et éblouissants. C'est le tissu rêvé des «Mille et une nuit» !

Toutes les araignées ne produisent pas cette soie privilégiée. L'araignée fileuse de Madagascar est l'Halabé , Néphiles (Nephila sp.)
*** bonne grosse bête qui n'est pas venimeuse. Elle fournit sept à huit fois la quantité de soie que donne pendant son existence, dans les magnaneries, le ver à soie ordinaire. Et pas de maladie.


Les colons de Madagascar, en ce moment, apportent les araignées fileuses à l'usine ; il vaudra mieux les laisser chez elles et apporter sur place les dévidoirs.

En 1898, Mr NOGUE, sous-directeur de l'école professionnelle de Tananarive construisit un appareil d'extraction des fils d'araignée qui donna des résultats appréciables.
Des essais furent effectués à Lyon, après l'envoi par le général GALLIENI, alors gouverneur de l'île, de pontes d' Halabé. Mais elles périrent toutes et on en resta là. (Henri de PARVILLE , in «les Annales» du 17 juin 1900, nr. 886, éditions Jules BRISSON.)

Autres anciennes origines de tentatives d'emploi de la soie d'araignée :

"Dans une des séances de la société centrale d'agriculture, Mr le Maréchal VAILLANT présenta un jour, de la part de M. BANCAL, attaché à l'administration coloniale de Saint-Louis (Sénégal) , une série de très beaux échantillons de soie fournis par des araignées.
Vers le commencement du XVIIIe siècle, un académicien de Montpellier, le président BON, chercha à utiliser et montra qu'on pouvait s'en servir comme de la bourre de soie ordinaire. Il prépara, avec les coques que les araignées construisent  pour y déposer leurs oeufs, une certaine quantité de fil et il fit fabriquer, avec cette soie, des bas et des mitaines.
La question soulevée par BON en resta là pendant plus d'un demi-siècle, mais, en 1777, l'attention du public y fut appelée de nouveau par des essais tentés d'abord en Amérique, puis en Espagne et à Florance, par l'abbé Ramond de TERMEYER . Ce dernier, en opérant avec des araignées vivantes, parvint a obtenir assez de soie cardée pour confectionner quelques bourses et une paire de bas pesant deux onces et quart dont il fit présent au roi d'Espagne. Ces essais, commencés en 1762 et poursuivis jusqu'en 1796 ne lui donnèrent en tout que 22 onces de soie.
Vers la même époque, un voyageur français, PRELONG,, nous apprît qu'à Gorée les grosses araignées sont très utiles contre les blattes et que leur fil était gros et fort et pouvait servir pour faire des petits cordons.
Plus récemment, un négociant anglais, nommé ROLT, fit de nouvelles expériences avec l'épeire diadème.
Enfin, en 1842, M.MALLAT, donna au muséum d'histoire naturelle quelques échantillons de la soie brute et dévidée d'une grosse araignée de Java, "Epeira flavomaculata".
(Extrait de  " Au pays des merveilles " de Clarisse JURANVILLE - 1880 -, voir bibliographie)

*1864 : M.WILTER, un chirurgien de l'armée fédérale des Etats-Unis, découvrit l'araignée "Nephila plumipes" en Caroline du Sud et il entreprit avec succès des expériences pour extraire la soie de cette araignée.    link
 
  • La néphile dorée est très commune dans les Hauts de la Réunion, où elle est appelée bibe.
  • On la trouve également aux Seychelles.
  • Chez nous, une grosse épeire produit de 1 à 3 kms de fils par mois.

    Sous-espèces :
    Nephila inaurata madagascariensis serait une sous-espèce.

    Présentée comme une araignée endémique des Mascareignes et ayant toujours l'abdomen noir, Nephila nigra est un autre cas problématique. Plusieurs sources affirment qu'il s'agit d'une espèce différente, d'autres d'une sous-espèce (Nephila inaurata nigra) . Il semble qu'il s'agisse plutôt d'un synonyme servant à désigner les spécimens dont l'opisthosome n'est pas doré.

(Source : wikipedia)

Nephila madagascariensis
Nephila madagascariensis
 
Photo copyright Karl LEHMANN

https://www.lostworldarts.com/madagascar/madagascar_2.htm
 
  • L'Halabé (Nephila madagascariensis) . La femelle mesure 7 à 8 cm avec un corps d'environ 3 cm, ver luisant, décoré richement d'argent et d'or.
  • Le fil d' Halabé : 6 centième et demi de millimètre (diamètre de 0,065 mm) et 66 grammes de ténacité.
    Le fil de Mori : 31 centième et demi de millimètre (0,315 mm) et 65 grammes de ténacité.
    Chaque Halabé peut donner 3 à 4000 mètres de fil.
    (Ch. de LABONNEFON, in " croquis entomologiques").
  • Comparaison :
    Pour donner une livre de soie il faut 3500 vers à soie. Pour produire la même quantité il faut 22.000 araignées. 
Arachnides/chrono849

Epeire diadème de nuit sur sa toile (photo au flash).
Les araignées européennes ne tissent sans doute
pas assez de fil pour une production industrielle. La longueur du fil d'une toile d'épeire diadème avoisine les 20 mètres.
Mais la chose pourrait-être tentée au niveau artisanal.
J'aimerais bien porter une chemise en soie d'araignée !
Lire aussi : link
L'idée de se servir de la soie d'araignée n'est pas exclusivement européenne. Arachnéologiste Eugène SIMON montra aux membres de la Société Française d'Entomologie (1881) un porte-objet en forme de tube de 70 cm de long sur 10 cm de diamètre fabriqué par les indigènes des îles SOLO. Au XVIIeme siècle, les habitants du Paraguay fabriquaient des vêtements avec de la soie d'araignée. Les Indochinois aussi. Alcide d'ORBIGNY, au retour d' Amérique, présenta au musée d'histoire naturelle un échantillon de soie d'araignée dont il s'était fait fabriquer un pantalon qu'il porta longtemps.

François BON SAINT-HILAIRE est le premier européen qui pensa tirer parti de la soie des araignées. En 1709, il présenta à l'académie de Montpellier un mémoire et une pièce probante : des mitaines et des bas avec la soie de cocons récoltés dans la nature. REAUMUR fut chargé de mener une enquête sur la question (1710) mais ne se montra pas favorable : il fallait 4 grosses araignées pour une quantité équivalente du ver à soie et que...toutes les mouches du royaume ne suffiraient pas à nourrir les araignées ! L'empereur de Chine fut mis au courant de la question.

Ensuite l'Espagnol TREMEYER s'intéressa au procédé en conseillant d'extraire la soie sur dévidoir directement de la filière des arachnéides. Fabrication de bas et bourses avec la soie de l' épeire diadème - Epeira diademata -(photo ci-dessus). Peu de temps après , l'anglais ROLT opéra avec des épeires diadèmes et obtint en deux heures 18.000 pieds de soie. LATREILLE, dans "les crustacés et les insectes distribués en familles naturelles" (1809) rend compte de résultats obtenus par un industriel français.

Les premières tentatives sérieuses d'élevage furent faîtes par deux français : DUBOIS, père et fils. Entre 1800 et 1843, ils élevèrent environ 400.000 araignées, on pense des Tégénaires domestiques. Ils révélèrent ainsi que les araignées peuvent être élevées avec de la viande crue ***. On en revint à la suggestion de REAUMUR d'employer des espèces exotiques. VINSON, le premier, cita Néphila madagascariensis . Il reconnut que cette espèce produit des fils très longs et très forts et les créoles avaient tissé une superbe paire de gants dont il avait été fait cadeau à l'impératrice EUGENIE. En Amérique, WILDER parvient à extirper directement la soie des filières de Néphila plumipas et, WARDLE, démontra, chiffres à l'appui, la supériorité, à tous points de vue, de la soie de la grande araignée de la côte de Malabar sur celle du ver à soie.

Après Tananarive (début de cette page), MEGIN (1888), FALLOU (1889), puis l'abbé FAVIER et LABONNEFON (1902) reprirent les tentatives d'acclimatation des Néphiles en France. En 1928, Pierre BONNET, assistant de l'Université de Toulouse, reçut trois femelles qui laissèrent 5 à 600 jeunes Néphiles mais pas de résultats pratiques, sauf qu'il a su en profiter pour faire des observations intéressantes.

NDLR : enfin, Maurice THOMAS, l'auteur de ces lignes, était convaincu que la sériciculture aranéicole finira par triompher des difficultés.

*** J'ai donné de la viande crue à un Opilion (" faucheux ") et il l'a mangée.

Sources : "Vie et moeurs des araignées  de Maurice THOMAS, édition Payot 1953.
Le texte a été raccourci et arrangé pour le réduire 
  • A l'exposition universelle de Paris de 1900, on a vu un ciel de lit en soie d'araignée Néphila madagascarensis . Mais l'énorme prix d'une telle marchandise ne permit pas longtemps de se payer une telle fantaisie ! (Almanach Hachette 1902)
  • Les allemands sont arrivés à produire des toiles fines en soie d'araignée, utilisées en pharmacie comme antihémorragiques. (Larousse du XXeme siècle, 1933)
  • En tissage, l’usage des fils de soie des araignées a déjà été tenté, réussi, puis abandonné car il faut plusieurs dizaines de milliers d’araignées pour une maigre production. Et l’élevage n’est pas aisé !
    Dans un de ses ouvrages, Jacques BERGIER (voir bibliographie) donne un exemple insolite au sujet d’un chimiste allemand : "...il voulait d’abord reproduire chimiquement la toile d’araignée, puis s’en servir pour fabriquer des gilets pare-balles pour les soldats et des parachutes...au cours de ses recherches, il détruisit le seul gant en toile d’araignée connu au monde, qu’il confisqua dans un musée allemand"
  • Des millénaires avant l'homme, la fourmi "Polyrhachis laboriosa" qui habite le Congo, emploie la soie de l'araignée pour la confection de son nid (M.THOMAS)
  • 1939 - Miseau point du nylon et autres fibres synthétiques, puis notamment la rayonne et le tergal en 1944.
Arachnides/chrono852

Proies et pollens fournissent l'araignée en acides aminés lui permettant de fabriquer ses fils de soie 100 pour 100 recyclables et biodégradables. Le fil est constitué de fibroïnes torsadées riches en alanine, qui lui confèrent une résistance de 1200 mégapascals, et en glycine, qui lui apporte une grande élasticité avec un étirement avant rupture de 31 pour 100(Science et vie - nr.1112 - mai 2010)
  • Les araignées ont la capacité de fabriquer jusqu'à sept fils différents. Celui qui a les qualités les plus surprenantes, c'est le fil de trame, celui qui sert à former les rayons et le contour de la toile. C'est aussi ce fil qui leur permet de descendre du plafond à toute vitesse.
  • Si on fabriquait avec du fil d'araignée un câble de la grosseur du pouce on pourrait soulever une dizaine d'autobus. On pourrait aussi en faire des gilets pare-balles et des sutures chirurgicales !
    (source : "découverte" Radio Canada 29.09.2002)
  • Araignée à tout-faire !
    "L'équipe du biologiste Randy LEWIS, de l'université du Wyoming, affirme faire fabriquer de la soie à des bactéries, auxquelles les chercheurs ont transféré de l'ADN extraite d'araignée. La soie tissée par cet animal étant d'une solidité inégalée, elle est ensuite utilisée dans des domaines aussi divers que la suture des cicatrices, la fabrication de prothèses vasculaires, celle de chambres à air pour vélos de course professionnel, etc
     (Source : revue "ça m'intéresse" nr.166, décembre 1994)

    14 ans après....
    La soie artificielle d'araignée pour bientôt ?
    Une équipe de biophysicien dirigée par Sébastien RAMMENSEE, de l'université de Munich, vient de publier un article proposant un nouveau processus de fabrication de la soie à partir de fils de l'araignée, à l'aide de bactéries génétiquement modifiées pour recréer les conditions physico-chimiques indispensables à l'assemblage des protéines eADF3 et eADF4, à l'instar de ce qui se passe dans le corps de l'araignée.
    Mais la quantité obtenue n'est pas encore comparable à celle de la soie de l'araignée.
    Source : "science et vie" - N.A - nr.1090, juillet 2008.
    Une sacrée chimiste l'araignée !
  • Réaumur a dit dès longtemps que nombre de chrysalides fourniraient une belle soie. L'araignée en donnerait une, aussi fine que résistante. Voir l'admirable voile de soie d'araignée que l'on conserve au muséum (J.MICHELET, "l'insecte" 1858)
  • " A l'exposition de 1900, on a présenté une pièce d'étoffe en soie de Nephila. Cette soie, jaune d'or, est de qualité remarquable ; à ténacité égale, elle a bien plus de finesse que celle de " Bombyx mori " (ver à soie) ; mais on ne peut guère songer à l'exploiter de façon industrielle, car la Nephila, comme toutes les araignées, convient très mal à l'élevage collectif, en raison de ses moeurs carnassières, voire cannibales. " (Jean ROSTAND)
  • " Si nous pouvions - disait M.BON au XVIIIeme. siècle - trouver le moyen d'élever en chambre de jeunes araignées, elles nous fourniraient beaucoup plus de soie que les vers à soie"
  • 1989 :
    Industrie : du tissu d'araignée.
    Les arachnides possèdent des glandes secrétant  des qualités différentes de soie. Il peut être destiné à la fabrication d'un cocon, d'une toile ou d'un fil de capture dont la résistance est alliée à une élasticité remarquable. Cette soie a déjà été utilisée par des industriels. Une identification du gène codant sa fabrication permettrait une production de masse dont les applications seraient nombreuses : revêtement pour l'aéronautique, casques légers et solides, fils de sutures bien tolérés, ou même vêtements pour les élégantes. Etudes en cours aux Etats-Unis...(Revue "Terre sauvage" - un autre regard sur la nature -  nr. 34 , novembre 1989)
  • 2009 :
    Un tapis a été tissé avec la soie d'un million d'araignées et une somptueuse robe !

     

Photo Adrian DENIS / AFP

Voir sur ce site une autre extraordinaire réalisation !  link

Il a fallu quatre ans de travail à une équipe de 80 personnes pour tisser les 3 mètres d'un tapis unique au monde, exposé au muséum d'histoire naturelle de New-York. La fibre de tissu doré provient de la soie de plus d'un million de néphiles dorées, de grosses araignées de Madagascar.  Chaque fil du tissage est constitué lui-même d'un tressage de 96 filaments de soie. À l'origine de cette prouesse technique : un partenariat artistique entre un historien de l'art et un designer de mode.

(Revue "science et vie" nr.1106 de novembre 2009)

2010 : Du fil d'araignée tissé par... un ver à soie !
"....cette prouesse a été réalisée en incorporant dans la séquence
génétique de la célèbre chenille d'origine chinoise des petits morceaux
spécifiques d'ADN extraits d'aranéides." ("science et vie" nr. 1119,
décembre 2010)

Mai 2011 : On sait pourquoi la soie d'araignée est résistante : Plus résistante que le kevlar et moins dense que du coton ou du Nylon, l'extraordinaire solidité de la soie d'araignée fascine. Comment expliquer ces propriétés mécaniques uniques ? Frauke GRÄTER et son équipe de l'institut des études théoriques à Heidelberg (Allemagne) ont élucidé la question en analysant sa structure moléculaire. Elle alterne des composants cristallins , qui lui confèrent sa solidité, et des composants amorphes (des molécules désorganisées), qui lui donne son élasticité. On va pouvoir enfin la recréer artificiellement. (R.B) in "science et vie"  - nr.1124 de mai 2011.

 
Avril 2013 : Le laser sonde la soie de l'araignée :
"A la fois dure, résistante, légère et élastique, la soie d'araignée est une substance unique dont les mystères échappaient aux physiciens... jusqu'aux dernières avancées de l'équipe de Jeff YARGER, de l'université d' Arizona (Etats-Unis), qui a eu l'idée de lui appliquer le procédé dit "de diffusion Brillouin" . En envoyant sur des toiles de plusieurs espèces d'araignées un laser qui recueillait modifié à sa sortie, et en étudiant la différence de fréquence entre les deux signaux dans la gamme des gigahertz, le chercheur a pu déterminer toutes les constantes élastiques du matériau sans le détruire..."
In "science et vie" B.R - nr. 1147 - spécial 100 ans. avril 2013. 
epeire-fasciee---aout.JPG

La soie d'araignée tisse la fibre de demain : L'araignée réussit à fabriquer une fibre aussi résistante que le "Kevlar" - qui peut arrêter les balles - sans la chauffer et sans utiliser des acides corrosifs. Le plus incroyable et que ces usines à huit pattes n'ont même pas besoin de forer du pétrole. À partir de mouches et de grillons, elles produisent un matériau de haute technologie. Les scientifiques d'Oxford ont trouvé un moyen d'en produire de façon synthétique sans recourir à des manipulations génétiques. Pour l'instant, les applications sont médicales : fils de suture, tendons ou ligaments artificiels. Mais demain, qui dit que cette matière mystérieuse ne va pas entrer dans la composition des câbles des ponts suspendus ?" (revue "Le Point" du 25.10.2012 - nr 2093) 

"L'araignée orbitèle produit sept soies. La plus solide, appelée fil de sécurité, est plus légère que le coton, mais à poids égal plus solide que l'acier et plus résistante que le kevlar. Une toile de la taille d'un terrain de football, tissée avec un fil de sécurité d'un centimètre de diamètre et ayant des mailles de quatre centimètres, pourrait arrêter un avion gros porteur en plein vol ! L'araignée produit son fil de sécurité à température ambiante, avec l'eau comme solvant" (in bulletin Watchtower bible and tract society of Pennsylvania - 2010)

Les araignées ont appris à tisser des toiles plus tôt qu’on ne le pensait auparavant, comme en témoigne le fragment découvert emprisonné dans l’ambre et daté de 140 millions d’années. (futura-sciences)

Par rapport à l'araignée, voici la production du ver à soie en chiffres :
- Une femelle pond environ 500 oeufs.
- Une once de graines - oeufs - (30 grammes) donne en moyenne 30.000 vers.
Qui vont manger de 1000 à 1200 kg de feuilles.
Qui vont produire 100 kg d'excréments.
Qui vont tisser 60 kg de cocons.
Qui seront transformés en 5 kg de soie grège.
- Un cocon est constitué d'un fil de 700 à 1500 mètres de longueur suivant les races.
(source "Aux Mées, quand on faisait des magnans...", associations "les amis des Mées .04" 1984)

Concurrence !

"La soie de l'araignée n'est pas inégalable.
Après cinq ans d'études, l'équipe de Philippe COLOMBAN, chimiste du CNRS, affirme que les propriétés de la soie d'araignée, particulièrement souple et résistante, sont comparables...à celles de la fibre des vers à soie, bien plus facile à produire !" (revue "science et vie" R.B. nr.1134


epeire-diademe-et-sa-toile-jpg


Il faut environ une heure à l'épeire pour construire sa toile d'une vingtaine de mètres de fils de soie.
D'autre part, elle peut ingurgiter cinq fois son poids en diverses proies dans une seule journée.

 
De l'araignée à la vache en passant par la chèvre !
 
"Des laboratoires militaires nord-américains, canadiens et la firme Du Pont de Nemours, disposent régulièrement, depuis 1991, des brevets sur des protéines dérivant de la soie d'araignée.
"Euprosthenops australis" est également étudiée actuellement par un groupe de biochimistes norvégiens et suédois, de même que l'épeire "Araneus diadematus" par une autre équipe de "biomolécularistes" et spécialistes des biomatériaux en Allemagne.
Plusieurs équipes tentent aujourd'hui une autre approche, faire produire cette soie dans le lait de chèvres, de brebis, de vaches, de cochons d'Inde, ou encore de lapins modifiés génétiquement... Frédéric YSNEL.   
(In "Arachna" - les voyages d'une femme araignée - Christine ROLLARD et Vincent TARDIEU - MNHN - éditions BELIN 2011)

SOUVENIR !
 
Synergie*** réalisa en france la publicité collective de la soie artificielle devenue aujourd'hui (1956) la rayonne. In "magiciens de la publicité" P.Bruneau, Gallimard 1956
 
*** Société publicitaire 1932.
 
Accordez vos violons !
 
"Un chercheur japonais, professeur de chimie, axe ses travaux depuis 35 ans sur la soie d'araignée. Il annonce avoir réussi à fabriquer des cordes de violon à l'aide des toiles d'araignées qui rendent, paraît-il, "un son doux et profond".
Des milliers de fils de soie peuvent être tissés en une corde résistante et souple" (journal Sud-Ouest" - mai 2012)

 
"Nephila madagascarensis" est la plus grande des araignées tropicales au point qu'elle est capable, en allongeant ses pattes, d'encercler la paume d'une main d'homme. Son système séricigène est assez semblable à celui de l'araignée "porte-croix" (épeire diadème). Elles possède des glandes qui aboutissent sur 6 filières. Selon ses besoins, l'araignée utilise telle ou telle sorte de glande pour sécréter le genre de fil qu'il lui faut. Ce fil est toujours fait de soie (qui est une protéine), mais peut présenter, suivant la glande dont il provient, des caractéristiques diverses, et être affecté à des tâches diverses." "Architectrure animale" de Karl Von Frisch" 
 
À savoir : du papillon ou de l'araignée, les origines de la soie :
 
"La soie existait bien avant que l'homme n'existât lui-même".
 
La tradition, basée essentiellement sur le "livre des Odes" de Confusius, veut que vers l'an 2640 av. J-C, la princesse chinoise Hsi-Ling-Shi, femme de l'empereur Haong-Ti, ait dévidé la première ce fil merveilleux d'un cocon sauvage trouvé dans un mûrier. Les chinois domestiquèrent ensuite le Bombyx du Mûrier, conservant jalousement pendant prés de 30 siècles ce secret biologique.
C'est l'empereur Justinien qui envoie en 552 vers l' Asie Mineure deux moines qui ramenèrent enfin à Byzance quelques graines du mûrier cachées dans un bambou..."
Source "les industries de la soierie" par Jean VASCHALDE, éditions PUF 1961.

À noter que l'auteur de ce livre fort complet n'écrit pas un mot, même humoristique, sur la soie de l'araignée !
 
LU :
 
"À Paris en 1583, le faste du parvenu irrite le peuple et le port de vêtements de dessus et de dessous en soie, ce qu'on nomme "soie sur soie" est autorisé seulement aux gens de la cour - En 1471, Florence compte 83 filateurs de soie - La couronne du sacre de Louis XV, âgé de 12 ans, était composée d'un anneau d'or doublé d'une calotte de soie
couverte de diamants et de perles." (Maurice RHEIMS, in "les collectionneurs, Ramsay 1981)

* Le tissu en soie de bombyx ou de l'araignée n'est pas attaqué par les mites.
La géométrie de la toile de l'araignée épeire diadème.

La géométrie de la toile de l'araignée épeire diadème.

Après avoir introduit dans un ver à soie une protéine présente chez une araignée tisseuse, des chercheurs ont créé une espèce "bionique" capable de tisser des fibres très résistantes. Un jour, celles-ci pourraient être utilisées dans différents secteurs...

CHARLINE VERGNE Publié le 25/09/2023  - Mis à jour le 25/09/2023

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